Ces pleurs

 

Elle pleure, hocquette, se cambre. Ses yeux se plissent, sa bouche est grande ouverte, sa peau est un camaïeu de rouge.
Ce son qui sort de sa bouche, de sa gorge, du plus profond de son ventre, me crispe, me tend, me cloue sur place.
Ce bruit je l’ai dans la peau. C’est un frémissement sous mon épiderme à mesure qu’il arrive, s’amplifie, se précise. J’eclate en même temps que ses cordes vocales donnent toute leur puissance.
Cet appel si particulier qui lui ai propre et inné, je ne m’y habitue toujours pas.

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Je me souviens précisément la première fois que je me le suis pris en pleine face. Ce n’était pas sur mon ventre en salle d’accouchement, non c’etait la deuxième nuit à la maternité. C’etait cette nuit où pleurant malgré avoir tout essayé, son père décide d’aller faire le tour du couloir en la tenant blottie contre lui afin que je dorme un peu. Cette nuit après une petite heure à avoir sombré je l’ai entendu distinctement au milieu des autres bébés inconsolables dans l’angoisse nocturne.

C’était elle et c’est là dans mes propres larmes que j’ai réalisé que j’étais mère.

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3 réflexions au sujet de « Ces pleurs »

  1. Ton article et beau et triste à la fois. Effectivement une mère reconnait les pleurs de son enfant entre 1000 et c’est un son insoutenable. Le besoin d’apaiser est impérieux sinon il rend fou. Les seins se mettent en route immédiatement et le lait se met à couler, ce que je trouve magique et impressionant à la fois.

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